Communistes libertaires de la CGT

Argentine : Défendons les réquisitions d’entreprises

samedi 14 janvier 2017

En pleine crise économique au début des années 2000, des dizaines d’entreprises ont été réquisitionnées par les travailleurs argentins, les patrons disparus ou expulsés. Socialisation exemplaire des moyens de productions et non pas nationalisation par l’Etat qui rachète en payant cher les entreprises à leurs actionnaires. Bref les prémices de la révolution !
Les capitalistes tentent aujourd’hui de faire cesser ce scandale : l’autogestion coopérative ! Soutenez la campagne :

Campagne de solidarité internationale avec les travailleur-se-s de Bauen contre le veto et pour l’expropriation
Pour la confirmation de la loi d’expropriation votée par le Congrès argentin le 30 novembre 2016 et remise en cause par le président Macri
Après 14 ans de lutte, le Sénat argentin a promulgué, le 30 novembre 2016, la loi d’expropriation de l’hôtel Bauen en faveur de la coopérative de travailleur-se-s. L’entrée en vigueur de cette loi consolidait l’autogestion des travailleurs et rendait une justice historique, puisque les anciens propriétaires de l’hôtel l’avaient construit avec un prêt public, octroyé par la dictature militaire sanglante de 1976-83, qui n’a jamais été remboursé. Malgré cela, la priorité avait été donnée à l’objet social et aux activités culturelles et solidaires qui se réalisent au quotidien dans l’hôtel géré par les travailleurs, devenu un emblème de l’autogestion en Argentine et dans le monde. Mais le président Mauricio Macri a apposé son veto à la loi, en utilisant des arguments fallacieux, qui nient le sens social de la coopérative, il renonce à récupérer l’argent public et laisse 130 familles sans emploi. Nous interpellons les députés et les sénateurs argentins afin qu’ils rejettent le veto et confirment la loi d’expropriation de l’hôtel Bauen pour ainsi réparer cette injustice, éviter l’expulsion de l’hôtel et réaffirmer la démocratie.
L’hôtel Bauen est une des entreprises récupérées par les travailleurs les plus emblématiques en Argentine. Fermé par ses propriétaires suite à une manoeuvre frauduleuse, qui a jeté à la rue tou-te-s les travailleur-se-s fin 2001, le grand édifice de 20 étages situé en plein centre de Buenos Aires a été abandonné pendant plus d’une année avant qu’un groupe d’ancien-ne-s travailleur-se-s ne l’occupe le 21 mars 2003. Pendant 13 années, un processus autogestionnaire a été entrepris, permettant de créer 130 postes de travail et de valoriser pratiquement sans financement extérieur un hôtel vidé et abandonné par ses patrons. En plus, il a transformé un hôtel, qui était précédemment le symbole de la corruption du pouvoir, en un lieu de réunion et de solidarité pour les mouvements sociaux, les syndicats et les organisations de travailleur-se-s, où se sont tenues des centaines de journées d’organisation et de débat, y compris des événements universitaires et culturels.
Mais l’hôtel Bauen n’est pas seulement un emblème de l’autogestion. Son origine est également un exemple clair de la collusion et de la corruption entre le pouvoir économique et la dictature génocidaire qui a ensanglanté l’Argentine entre 1976 et 1983. L’hôtel Bauen a été construit pour le mondial de football de 1978 avec les crédits accordés par une banque d’État (La BANADE), qui n’ont jamais été remboursés. C’est pour cette raison et d’autres dettes postérieures que la loi adoptée permettait l’expropriation de l’hôtel afin que la propriété de l’édifice revienne à l’État et qu’elle soit cédée à la coopérative de travailleur-se-s au titre de l’utilité sociale et de la préservation de l’emploi. Le véto du président Macri empêche cette réparation historique, il ratifie l’impunité des complices économiques de la dictature et sanctionne les travailleur-se-s qui ont investi-e-s beaucoup d’effort, de travail et de ressources dans la récupération de l’hôtel.
Les signataires ci-dessous se solidarisent avec les travailleurs de BAUEN et espèrent que les sénateurs et les députés de la Nation ratifieront la loi qu’ils ont adoptée afin de permettre la poursuite d’une expérience autogestionnaire exemplaire dans le monde.
Envoyer les soutiens à solidaritybauencooperative gmail.com
Pour la France, possibilité d’adresser les signatures individuelles et collectives à Richard Neuville : neuville.richard wanadoo.fr

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